Après un hiver plutôt réussi en étang, avec Thierry, nous décidons d’aller pêcher en lac de barrage, très nombreux en Vendée. Nous profitons d’un weekend libre, pour aller repérer certains d’entre eux. Nous choisissons un barrage vendéen qui nous est totalement inconnu. Nous adopterons la même stratégie qu’en étang, c’est-à-dire pêcher dans une partie peu profonde et où le soleil domine la plus grande partie de la journée, ainsi l’eau se réchauffe vite et la nourriture naturelle s’y développe. Concernant la méthode d’amorçage, certain préfère la pêche au spot ou au stick mais étant convaincu que la population de poisson sur Apremont est importante, nous continuons sur nos habitudes avec un amorçage de zone avec 4kg de billes roulés par nos soins à partir du mix Calamarbird enrobé d’extrait de calamar liquide distribué tous les deux jours, certaines personnes nous aurait bien pris pour des « fous » vu qu’on est en fin février et que le froid persiste. Toutefois le choix des billes calamarbird a été bien réfléchi, elles ont une grosse granulométrie composées de plusieurs birdfoods et de farine de calamar très soluble en eau froide, l’ensemble est très digeste et peu nourrissant et les essais en étang nous l’on confirmés. Le premier weekend de pêche approche et nous avons hâte de voir si la stratégie adoptée est la bonne, nous pêcherons uniquement le samedi après midi et le dimanche. Le secteur est hors zone de nuit, nous ne pêcherons donc que la journée. Le weekend se passe plutôt correctement pour une première expérience sur ce plan d’eau et nous avons le sourire puisqu’on totalisera 13 départs dont un samedi soir de folie avec 9 départs en 45mn sur mes cannes. Ce sont exclusivement des communes moyennes typiques de barrage comprises entre 6-8kg.
Suite à ce weekend prometteur, nous continuons notre stratégie mais nous mettrons 5kg de billes tous les 2 jours afin d’espérer toucher quelques carpes sortant du lot. Une fois arrivé sur place le samedi suivant, à peine 30 mn d’attente qu’un de mes delkim retentit, ayant changé depuis peu mes cannes, les sensations sont différentes et l’estimation du poids n’est pas évidente mais vu la parabole qu’inflige le poisson à ma Torrix TE Harrison, je pense avoir touché un joli poisson. Après 10mn de combat, le poisson se bloque dans un herbier, après l’avoir sorti de là, un rush viendra à bout de mon bas de ligne. A vouloir pêcher trop finement, on prend des risques. Je change donc immédiatement mes bas de lignes avec une tresse gainée de 25lb au lieu de 15. Une heure après, la même canne redémarre et cette fois-ci, une belle commune de 14,5kg viendra me rendre visite. Le reste du weekend, nous rapportera 6 autres poissons, uniquement des communes mais avec une moyenne en poids supérieur. Un pêcheur local (NDLR : Julien dont les conseils avisés sont appréciés de tous) vient nous rendre visite en milieu d’après midi, l’occasion pour nous de prendre un peu plus d’info sur le lac et son cheptel, selon lui et plusieurs personnes, la population en carpes serait composée d’autant de miroirs que de communes, avec une moyenne de 7-8kg et quelques carpes sortant du lot notamment des miroirs. Les belles journées annoncées pour les semaines à venir nous persuadent de continuer en espérant faire rentrer sur le coup les miroirs mais avec une certaine crainte d’avoir du monde sur notre zone. Le jeu en vaux la chandelle et le weekend prochain sera décisif.
Le samedi suivant on réalisera environ 10 départs dont un premier poisson tardif mais une deuxième commune de plus de 10kg et une superbe commune « ghost » de 8kg pour Thierry. Jusqu’au dimanche après midi toujours aucune miroir à l’horizon, nous sommes peut être trop tôt dans la saison pour qu’elles soient arrivées dans cette zone par conséquent nous décidons à ce moment d’arrêter l’amorçage.
Espérant tout de même en faire une, nous restons jusqu’à la tombé de la nuit, 30mm avant la fin, un départ ce produit sur mes cannes et à notre grande surprise, une miroir de 8kg rejoint l’épuisette.
Surmotivé par cette prise, je persuade Thierry de continuer l’amorçage pendant une semaine au cas où celle-ci serait annonciatrice de bon présage. Autre signe, je ne travaille pas le vendredi, jour où est prévu une forte dépression accompagné de pluie dans l’après midi juste après 2 semaines de beau temps. Il ne faut donc pas rater l’occasion. Arrivé sur place le vendredi 19 mars vers 7h du matin, je monte immédiatement mon Pionneer ultralite afin de m’abriter vu le temps. C’est à ce moment que je réalise que j’ai oublié un vêtement de pluie. Le temps de m’installer, les cannes seront tendues vers 8H. Par habitude, j’observe la surface de l’eau, entre les vagues, j’aperçois des carpes qui marsouinent quand à 8H30, un premier départ retenti et au premier contact, je sens un beau poisson, ce sera une miroir de 15kg. Une heure après, un deuxième départ et j’aperçois une miroir aussi massive que la première, à quelques mètres de l’épuisette, elle se décroche. Je regarde tout suite mon montage et plus particulièrement mon bas de ligne, c’est un des plus court (≈ 10cm), je change immédiatement les cannes possédant un tel bas de ligne en les remplaçants par un de 25cm. Il ne faut pas décrocher et quelque chose de moins extrême est nécessaire. Je n’aimerais pas perdre un deuxième poisson similaire voire plus gros. Dans la matinée, je réalise 3 autres poissons compris entre 10 et 12kg. La pluie gagne en puissance et les carpes se font de plus en plus actives, les départs s’enchainent à ce moment. Vers 13h30 un deuxième beau poisson est posé sur le tapis, une belle miroir de 15,2kg.

Une trentaine de minute après s’ajoute une 11kg, entre les photos tout seul, le temps de relancer les cannes et parfois refaire les montages, je commence à être bien trempé, mais je ne m’en occupe même pas. A peine une heure après, la canne ayant pris les deux carpes de 15kg, situé à proximité d’un arbre immergé en plein milieu du lac, se courbe de nouveau, jusqu’à aujourd’hui cette canne ne m’avais pas rapportée un seul poisson. Au moment où je la prends en main pour ferrer, un deuxième détecteur retentit, le choix est important, je décide de conserver la canne que j’ai en main, le poisson est lourd et colle le fond. Après une dizaine de minutes de combat, la belle rentre dans l’épuisette. La pesée indiquera 21,5kg, je suis aux anges.

Je la mets en sac en attendant Thierry pour les photos et je m’empresse de voir la seconde canne. Par chance la carpe est toujours au bout sans être prise dans une souche, c’est une miroir de 13kg.

Le reste de la journée sera aussi mouvementé, je réalise au total 16 départs pour 12 arrivées (1 décroche et 3 casses dans les souches) avec une moyenne de 12kg, que du bonheur. Dommage, je dois cependant partir vers 19h cause embauche à 5 h le lendemain. matin
Je suis de retour sur la zone de pêche aussitôt la journée effectuée ainsi que Thierry. La journée de travail a été longue et je n’avais qu’une envie, retourner au bord de l’eau, dans l’optique de reprendre un ou deux autres beaux poissons. Après trente minutes d’attente tout en repensant à la veille, la canne tendue près de l’arbre immergée courbe à nouveau, une carpe miroir de 16,5 kg ouvre le bal.

En voyant les déjections de la 16,5, on peut dire que les carpes aimaient bien les billes Calamarbird . Le reste de l’après midi nous rapportera 5 autre poissons compris entre 8 et 13kg dont une commune de 9,5kg, la seule des 2 jours. Ces deux jours resteront gravées dans ma mémoire. Je vous souhaite un jour de vivre çà au bord de l’eau…
Texte : Kevin Danieau
Photos : Kevin Danieau et Thierry Gibaud
Merci à vous deux pour cette part de rêve…
Guillaume